Rémy Martin nous a quittés ce 15 septembre 2021

C’est à la carrière de Goule que Rémy Martin a pu une dernière fois en mai 2021, nous offrir son savoir, avec toujours une grande passion, un beau dynamisme et une pédagogie sans égale. Le regard pétillant, le sourire serein, ce retraité de l’ONF depuis 2014 aimait cette carrière qui n’avait pas de secret pour lui, il avait participé à sa réhabilitation en 1999 et savait si bien en parler.

Dernière rencontre avec un passionné des bois, de la nature et des savoirs faire

Rémy nous a rappelé toute la biodiversité de l’arboretum du site, nous avons pu avec lui effleurer du regard les plantes, toucher la marne bleue, écouter et reconnaître les oiseaux, entendre la forêt et parler aux arbres. Nous ne savions pas que ce serait la dernière fois en sa compagnie, désormais de nombreux animaux dont certaines espèces protégées (crapaud Sonneur à ventre jaune, triton), des oiseaux comme la bécassine, le pouillot véloce et des essences d’arbres de l’arboretum créé avec l’ONF : pommiers, poiriers, trembles, merisiers, chênes ou saules à oreillette, Aliziers torminal… se retrouvent, avec nous, orphelins.

Rémy avait fait de l’écologie son engagement, militant actif, sa vie a été jalonnée de petites et grandes réalisations.

Maire de Petit Mercey de 2008 à 2020 il avait été, entre autres, à l’initiative de la construction d’une mairie labellisé « Bâtiment Basse Consommation ».

Avec sa femme Marie en 2014, ils s’investissent et entreprennent la création d’un verger conservatoire de 54 fruitiers qui occupent la plus grande partie de leur temps. Et même si l’association Coeur de Pigeon, était là pour les soutenir, Rémy y était présent presque quotidiennement et c’est d’ailleurs là, au pied d’un abri qu’il terminait de construire avec des membres de l’association qu’il s’est effondré. A 67 ans, il était encore porteur de nombreux projets. Certains sont en suspens et verront peut-être le jour comme la construction d’un four en plein air dont il avait déjà réalisé un prototype.

Si c’est avec une immense tristesse que chacun a appris sa disparition, au détour du chemin, au creux du vallon, dans ces forêts que Rémy aimait tant, nous penserons encore souvent à lui qui savait si bien parler aux oiseaux et nous parler d’une nature encore généreuse si nous la respectons.

A la rencontre de la Carrière de Goule : quand la nature se donne à voir et à comprendre

La carrière de marne fermée depuis 40 ans

Sur la route de Taxenne, à la sortie de Gendrey, au détour du chemin … au creux du vallon, nichée au milieu de nulle part, la carrière de Goule offre à ses visiteurs toute la biodiversité possible sur un ancien site industriel. En effet de 1966 à 1979 la marne bleue grise extraite de la roche sédimentaire présente sur ce lieu permettait d’alimenter une entreprise de fabrication de briques de construction basée à Pontailler sur Saône.

Depuis 1979, la nature reprend peu à peu ses droits

Le site a été racheté par la société Seco qui cessa l’exploitation de la carrière, plusieurs projets sont restés en suspens, entre autres une décharge industrielle et un terrain de motocross. Pour le bonheur de tous les amis de la nature, plusieurs écosystèmes sont apparus : pelouses sèches, zones humides avec de nombreux ruisselets qui ont incité à une réhabilitation à vocation écologique en fonction des saisons et des différents milieux. On y rencontre désormais de nombreux animaux dont certaines espèces protégées (crapaud à ventre jaune, triton), des oiseaux comme la bécassine, le pouillot véloce et de nombreuses essences d’arbres ont été introduites par l’ONF, la zone ayant été complètement dénaturée.

En 1994, la commune réhabilite le site

Afin de maîtriser la destination du site, la commune de Gendrey a acquis l’emprise de la carrière et c’est en 1999 que le conseil municipal décida la réhabilitation du milieu dans le cadre de la charte environnement du nord-jura et du projet Saône Rhin (abandon du projet de construction du Grand Canal). Mis en œuvre par l’ONF, un arboretum a été créé, on peut y rencontrer entre autres espèces connues : pommiers, poiriers, trembles, merisiers, chênes ou plus mystérieuses : saules à oreillette, aliziers torminal… des marres sont aménagées et une signalétique mise en place. Depuis, cet espace est préservé et entretenu par la commune de Gendrey.

Parcourir le sentier de découverte

Haut lieu Druidique, après avoir été occupé par une mer chaude et calme, il reste au sein de cette zone de cinq hectares toute une part de mystère à découvrir, observer la nature et la comprendre. Serre Vivante a organisé ce rendez-vous découverte en partenariat avec l’association des amis de la bibliothèque (a.b.c), la Médiathèque, la commune de Gendrey et la communauté de commune Jura-Nord.

Rémi Martin nous a permis de rencontrer la diversité de végétation et du monde du vivant. L’imaginaire de la conteuse Maggy Paille nous a transporter au-delà du visible.

Claire Chantefoin Par Claire Chantefoin (Sermange)

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