au fil des rues

Accroché sur le versant méridional d’un côteau dominé par la forêt de la Serre, le village de Menotey est traversé par la route départementale 475, qui conduit de Dole à Gray. Aujourd’hui, fort de ses 324 habitants, Menotey appartient à la Communauté d’agglomération du Grand Dole. Ici les maisons ont gardé leurs caractéristiques anciennes ; l’ensemble architectural est harmonieux, il n’a pratiquement pas changé depuis 200 ans.

Un peu d’histoire

L’histoire de Menotey est connue à travers quelques mentions dans les archives départementales et essentiellement par deux textes importants du XIXe siècle : l’ouvrage de l’Abbé Jacques « Histoire d’un village franc-comtois, Menotey depuis l’époque gauloise jusqu’à la Révolution » et la notice d’Alphonse Rousset dans le tome IV du « Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté, département du Jura ».

Cependant, ses origines restent assez obscures. Les fouilles des XVIIIe et XIXe siècles ont permis d’exhumer à côté de l’église sarcophages et fragments de stèle gallo-romaine.

En 2009, une autre stèle gallo-romaine, décorée d’un visage inscrit dans une niche, et datant de la fin du IIe siècle après Jésus-Christ, a été découverte au cours des travaux de la Place du Fournil. Cet endroit rappelle l’existence de la boulangerie de Monsieur René Boch qui a cessé son activité le 3 septembre 1994.

A propos de l’origine du nom de Menotey

Le nom du village rappelant le mot latin monasterium, évoque peut-être l’emplacement d’un prieuré, d’un ermitage ou d’une première église sur ce site.

La dénomination « Rue du Mortier » serait-elle une déformation de moustier, moutier, terme désignant un ancien monastère ?

Il est certain que l’église relevait du prieuré de Saint-Vivant, soumis à l’abbaye de Cluny depuis 1094 et dont les revenus furent réunis à ceux des Jésuites de Dole en 1611. Au fil du temps, le village a su conserver et mettre en valeur les traces de son riche passé, dont la prospérité est surtout due à son vignoble.

La viticulture a longtemps occupé ce lieu.

Au XVIe siècle l’historien Gollut, professeur à l’Université de Dole, parle des vignes de Jouhe, Menotey et Archelange ; Menotey dépassant alors les 100 Ha de vigne. Au XIXe siècle, sur plus de 200 Ha, les terres produisaient les meilleurs vins blancs et rouges de l’arrondissement de Dole jusqu’à l’arrivée du phylloxéra en 1887.

Large entrée gauchie d’une grande cave facilitant la manœuvre des chariots et charrettes Large entrée gauchie d’une grande cave facilitant la manœuvre des chariots et charrettes
cépage hybride résistant au phylloxéra qui reçoit le nom de son créateur, François Baco cépage hybride résistant au phylloxéra qui reçoit le nom de son créateur, François Baco

Cette crise a entraîné le départ d’habitants. Au début du XXe siècle, le village a perdu un tiers de sa population qui ne cessera de décroître pendant huit décennies pour connaître une remontée régulière depuis les années 80. De nombreuses maisons vigneronnes avec descentes et entrées de caves, le noms de rues telles “Rue de l’Oberlin” ou “Rue du Baco” témoignent de cette activité passée.

D’une rue à l’autre

Menotey est un village maillé où les rues se suivent en boucles successives. Leur forte minéralité s’affirme par la présence de façades sur rue ou de murets de pierre fermant la cour comme dans la « Rue du Four » où une végétation abondante rappelle la particularité rurale de la commune.

Au début de la Rue du Crapaud, la maison au n°1, avec sa porte basse, son linteau en accolade effilée, son imposte étroite et sa frise de briques placées de biais, signe le caractère médiéval de cette construction surmontée d’un pignon saillant à redents et décorée de cette imposante gargouille en forme de crapaud.

La Rue du Dieu de Pitié au Nord du village doit son nom à l’édification d’un oratoire abritant un Christ aux liens offert par Aulbry Lombardet et Jehanne Piard suite à une épidémie de peste ayant épargné Menotey au XVIe siècle.

Le numéro 3 de la Rue Jean Faivre offre au regard une imposante tourelle ronde percée de meurtrières, flanquée de part et d’autre de balcons de pierre et décorée de briques disposées de biais ou juxtaposées. Ce fut, à la fin du XVIIIe siècle, la demeure du dernier possesseur féodal de Menotey, Joseph Jean Philibert d’Orival.

La mairie est installée 2 Rue de l’Oberlin dans une ancienne maison bourgeoise acquise par la commune en 1881 grâce à la générosité d’Elie Louis Joseph AVIET (1826 - 1883) dont la tombe se trouve sur le côté de l’église.

L’église Saint-Pierre

L’histoire de l’église Saint-Pierre, reconstruite à partir de 1507, s’est poursuivie lors des 16e et 17e siècles. L’édifice possède un mobilier intéressant et renferme une riche statuaire. Sur le mur extérieur la méridienne a été restaurée.

Tout au long des rues la rencontre d’un petit patrimoine harmonieux ou de décors délicats : bancs de pierre, ferronnerie, sculptures, tavaillons, frises, … révèlent le savoir-faire d’artisans au fil du temps.

Menotey a su garder un caractère architectural historique qui permet à ce village de figurer parmi les sites les plus pittoresques du département du Jura.

Nicole Régnier Par Nicole Régnier, guide-conférencière

Midi au soleil

Une méridienne est un instrument permettant de repérer l’instant précis du midi solaire. Cette saisie s’effectue à partir de l’ombre de l’extrémité d’un style qui traverse une ligne méridienne, trace du méridien, sur un support le plus souvent vertical ou horizontal. C’est en quelque sorte un cadran solaire réduit à sa plus simple expression. L’âge d’or de ces instruments « grand public », se situe du XVIIe au xixe siècle, époque où l’on va en voir fleurir un peu partout : en France on en dénombre près de 200. Leur prolifération correspond aux progrès de l’horlogerie car elles permettent à tout un chacun de régler sa montre sur le Soleil. Le cadran solaire ne donne pas toujours l’heure avec grande exactitude et on lui être préfère la méridienne où l’on peut apprécier l’instant du midi local à quelques secondes près.

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