Néonicotinoïdes : Non à la remise en cause la loi Biodiversité !

Le gouvernement et une majorité des parlementaires ont décidé de remettre en cause la loi Biodiversité votée en 2016 pour réautoriser à partir de 2022 et pour une durée de trois ans les insecticides néonicotinoïdes sous la pression du lobby betteravier-sucrier. Une loi promulguée le 14 décembre 2020 valide ce retour du poison dans les champs …

Un scandale environnemental et démocratique

Les néonicotinoïdes sont des insecticides neurotoxiques, présents sur le marché français depuis 1995. Ce sont les pesticides les plus toxiques pour les abeilles mais également pour de nombreuses composantes de la biodiversité (vie aquatique, invertébrés dont les vers de terre, oiseaux, etc.). Ils sont, selon le type de molécules, jusqu’à 7 000 fois plus toxiques que le DDT pourtant interdit depuis 50 ans.

En revenant sur un acquis voté par une majorité de députés dans la cadre de la loi Biodiversité en 2016, cette nouvelle dérogation accordée par le gouvernement constitue une véritable régression environnementale.

En France, l’industrie du sucre est un lobby très discret et puissant aux mains de 3 multinationales (Tereos, Cristal Union et Saint Louis). Le sucre est massivement présent dans notre alimentation : près de 2 millions de tonnes de sucre sont consommées en France par an soit directement en « sucre de bouche » soit via les produits alimentaires ultra-transformés. Avec aussi les conséquences que l’on sait sur la santé : une consommation excessive de sucre peut être à l’origine de surpoids, obésité, diabète, certains cancers…

Approximations et erreurs

Les dérogations accordées par le gouvernement s’appuient sur des approximations et erreurs d’analyse largement construites par et pour le lobby betteravier. Alors que ces derniers ont, durant toute la procédure parlementaire, affirmé que la jaunisse de la betterave allait entraîner une baisse de rendement de 40 à 80%, les pertes dépassent à peine 15%.

Pire, cette baisse est pour partie due à la sécheresse et frappe d’autres filières pourtant épargnées par la jaunisse du puceron. Les insecticides néonicotinoïdes n’ont aucun effet sur les conséquences du dérèglement climatique et ne régleront pas les baisses de rendement dues au choc climatique à venir.

De surcroît, la filière « betterave » est en crise non pas à cause de la jaunisse mais à la suite de la libéralisation du secteur et de la fin des quotas en 2017. C’est ainsi qu’entre 2017 et 2018, le nombre d’hectares ensemencé en betteraves est passé de 402 000 hectares à 485 000 hectares soit une hausse de plus de 20 %, engendrant une surproduction et un effondrement des prix.

Sur une superficie équivalente à un département français, les néonicotinoïdes, présents dans l’enrobage des semences, vont à nouveau dévaster la biodiversité : contamination des cours d’eau et de la flore sauvage, pollution des sols, atteinte aux pollinisateurs et aux oiseaux…

Agir pour l’Environnement

Les principaux producteurs de sucre de betterave mettent en avant l’origine française de leur produit mais évidemment pas un mot sur les multiples traitements chimiques utilisés et notamment les insecticides néonicotinoïdes !

En tant que consommateur et citoyen nous avons le droit de connaître l'origine exacte du sucre présent dans les produits que nous achetons et les conditions de production de la betterave à sucre dans les champs !

L’ONG Agir pour l’Environnement organise une campagne en direction des industriels de l’agro-alimentaire et des enseignes de la grande distribution. Les principales marques grand public de chocolat, confiserie, biscuits… et les enseignes de la grande distribution communiquent également beaucoup sur leurs engagements en matière de développement durable, mais restent souvent très discrètes sur leur approvisionnement en matière première notamment en sucre.

Agissons maintenant et jusqu’au 31 juin 2021 en interpellant les industriels de l’agro-alimentaire et de la grande distribution.