Émerveillements au jardin

Munie d’un panier, je suis allée au fond du jardin cueillir des belles filles de Salins et des rei-nettes étoilées.

Certaines avaient les joues rouges au parfum relevé d’une subtile note d’amande, d’autres plus jeunes étaient fardées de vert. Ces dernières éveilleront les papilles. À chaque pomme délicate-ment cueillie, j’imaginais leur devenir en jus, en tarte ou compote, tout en visualisant les bénéfi-ciaires des transformations partagées.

D’arbre en arbre, je me suis régalée.

Quelques pas plus loin, Hosui, le poirier japonais, m’attendait débordant de Nachis, les branches inclinées près du sol. J’ai choisi les poires les plus mûres. J’attendrai quelques jours pour une cueil-lette abondante de ces pommes-poires à l’épiderme rugueux bronze doré parsemé de lenticelles blanches et à souhait croquantes, juteuses, rafraîchissantes et désaltérantes. Je prends le temps de les aimer glacées ou en tajine.

Cette année généreuse en fruits me permettra d’en donner dans la Vallée des anges et au-delà de la Serre. Mais sitôt les fruits tombés, ce Pyrus n’en devient que meilleur, car son feuillage jaune d’or à rouge écarlate transcende le jardin. Son voisin, William, plus petit, mais tout aussi fécond, offre un suprême bonheur en une bouchée gorgée de soleil. Hosui et William n’ont rien à s’envier, la diversité forme la richesse.

Puis, je me suis attardée sous le figuier, tant le plaisir de la délectation sous le bleu du ciel à travers ses feuilles suaves et duveteuses ravissait tous mes sens. Les figues ont ainsi couronné mon panier déposé sur la table de la terrasse. De proches potagers me permettent de compléter ce tableau de fin d’été : potimarrons, pâtissons, menthe, basilic, tomates… Citrons et ail agrémenteront les pré-parations à venir.

Il est temps !

La lumière s’adoucit. La nuit peut venir, demain m’offrira d’autres présents. À commencer par des pêches de vigne cueillies au petit jour, pieds nus dans la rosée. La Nature m’émerveille à chaque instant. J’ose espérer qu’elle émerveillera de nombreuses générations. Mais la Nature hu-maine me surprend parfois, surtout quand elle est destructrice de son environnement, c’est-à-dire incapable d’émerveillement et en quête de rendement. Je cherche alors à la comprendre, à mesu-rer ses motivations, à évaluer sa logique, à lui apprendre à penser à long terme selon ses besoins.

Notre planète est si précieuse  !

Être conscient de la nécessité de la biodiversité, d’une transition écologique et d’un changement durable est favorisé par l’observation, la connaissance, les débats constructifs et l’envie de préser-vation et de transmission de la qualité de vie. Envisageons cette transition de manière plus globale, solidaire et éthique, en réapprenant les bons gestes, en repensant les besoins humains et les pra-tiques acceptables pour le bien commun et en harmonie avec les espèces. Contribuons alors à l’écoute du terrain et à la compréhension des recherches des experts, en partageant une pensée cohérente pour réagir efficacement de façon collective et participative pour un futur souhaitable.

N’oublions pas l’adage

d’un sage ancêtre amérindien ou d’un homme de l’air du temps passé (Saint-Exupéry) : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

Pour aller plus loin : Synthèse du diagnostic de la stratégie régionale pour la biodiversité

Pour agir : Jura Nature Environnement

Nathalie Rude Par Nathalie Rude (Romain)

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