Edito : Santé, sobriété …

L’étalement urbain n’en finit pas de miter nos paysages … On construit des villas, ou de nouvelles zones d’activités économiques « innoviantes », sur les terres cultivées et les pâtures de la périphérie Doloise (quand elles ne retournent pas à la friche).

« On n’y peut rien !», nous dit-on avec ce fatalisme qui nous fait accepter les grandes catastrophes. Il y a pourtant là une source de richesse, et donc d’emplois, pour laquelle il est urgent de se mobiliser : le raccourcissement des circuits entre producteur et consommateur et l’indispensable reconversion des cultures à l’agriculture de demain : l’agriculture biologique. Il nous faut en effet sortir au plus vite de cette agriculture dangereuse pour l’homme et son milieu. Mais à quel moment, il y a dix ans, ou l’année dernière, ou la semaine passée, un de nos élus locaux a-t-il pris l’initiative de mettre la profession agricole et la grande distribution autour de la même table pour qu’en pleine saison la ménagère jurassienne trouve en priorité et en bonne place dans les rayons ou sur les étals, les légumes produits localement plutôt que les livraisons « toutes saisons » venues du fin fond de l’Espagne, issues, sous un océan de plastique, d’un maraîchage industriel, chimique et esclavagiste ?

Voilà de beaux enjeux, parmi d’autres, qui auraient mérité de vrais engagements (je pourrais aussi parler du tourisme et de ses animateurs coincés entre des moyens dérisoires et des politiques contradictoires d’aménagement et de maltraitance de nos territoires en évoquant le golf ou les projets de carrières dans la Serre). Mais ces combats n’ont pas été livrés par ceux qui devaient s’y atteler ! Il est sans doute plus commode de se faire mousser pour une ligne TGV… Mais on ne traversera pas le 21ème siècle avec les comportements du siècle passé.

Pascal Blain, président de Serre Vivante

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